Mardi 13 juin 2017

Gilles Vanden Burre (Ecolo-Groen): Monsieur le président, monsieur le premier ministre, je vous remercie pour votre introduction.

Comme vous le savez, depuis vos premières annonces concernant ce Pacte, en septembre dernier, les écologistes se sont montrés très réactifs, très constructifs. Nous avons fait savoir l’importance, pour nous, de l’investissement public, de l’investissement dans certains secteurs cruciaux pour nos concitoyens, aujourd’hui, et surtout pour nos enfants et petits-enfants. Nous estimons qu’il est indispensable de mobiliser des moyens financiers très importants pour investir dans l’avenir, pour investir pour demain. Nous sommes donc extrêmement attentifs et extrêmement mobilisés au sujet de cette thématique du Pacte national d’investissement. Nous sommes d’ailleurs en train de réfléchir à la manière d’avancer en la matière, à des projets qui nous tiennent à cœur en tant qu’écologistes. Nous sommes donc très actifs en rencontrant des acteurs de la société civile, du monde économique, du monde syndical pour avancer également.

Je voudrais revenir sur les thématiques que vous avez redécrites, aujourd’hui. Je souhaiterais également vous poser une ou deux questions sur le Comité stratégique et le budget.

Pour ce qui concerne, tout d’abord, les thématiques, comme vous l’avez dit, vous avez fait une annonce sur les trois premières thématiques: la mobilité, l’agenda digital et la transition énergétique. Nous avions trouvé ce choix très intéressant parce que nous estimons qu’il s’agit de thèmes fondamentaux.

Par la suite, deux thèmes sont venus s’ajouter, à savoir la santé qui est un secteur fondamental pour l’avenir, et l’autorité de l’État. Ici se pose la question de savoir exactement de quoi on parle. Au début, il avait été question de prisons et d’achats de F-16, ce qui nous avait évidemment considérablement refroidis ou, en tout cas, beaucoup moins enthousiasmés. Aujourd’hui, vous parlez d’infrastructures liées à la sécurité. S’il s’agit effectivement de renforcer les infrastructures de nos services de police et de sécurité, nous pourrons peut-être avancer ensemble sur certains points. Mais si c’est pour investir dans des prisons et acheter des F-16, nous sommes beaucoup moins enthousiastes.

Concrètement, vous avez dit que vous aviez repris certains projets, que de nouveaux projets allaient être présentés. Pourriez-vous nous donner un peu plus d’informations au sujet de ces derniers. J’ai procédé à un décompte des mesures relatives à la mobilité. Vous avez repris les annonces liées à la fin des travaux du RER. Vous avez également évoqué les investissements prévus dans le rail (acquisition et rénovation du matériel roulant, l’accueil des voyageurs, l’extension et le maintien de la capacité du réseau ferroviaire ou encore le système de sécurité du réseau).

Nous en arrivions donc, dans les annonces du 31 mars, à un total de 8,8 milliards. Selon nous, celui-ci était déjà annoncé. Je voulais savoir s’il y avait d’autres projets ou d’autres envies que vous souhaitiez concrétiser et qui rentreraient dans cette thématique Mobilité.

J’avais la même question sur la transition énergétique. C’est surtout le volet éolien qui a été développé lors des annonces faites le 31 mars. On parle de trois nouveaux parcs offshore, qui représenteront quelques milliards supplémentaires. Une fois les parcs réalisés, la Belgique disposera d’une capacité totale de 2 200 mégawatts. D’après nous, il s’agit de projets déjà annoncés. Y a-t-il d’autres pistes? Les choses ne doivent pas spécialement être 100 % concrètes, mais quelles seraient les pistes de nouveaux projets que vous auriez depuis lors à l’esprit?

Enfin, je pose la même question sur l’agenda digital; nous avons parlé de l’opportunité d’investir dans l’infrastructure numérique et la mise en place de smart cities, les villes intelligentes. Pour les smart cities, 100 millions sont prévus. Il s’agit aussi de développer le réseau de fibres optiques et d’évoluer vers la 5G. Proximus a annoncé trois milliards d’investissements. À ce niveau-là aussi, avez-vous d’autres nouveaux projets à annoncer, les annonces ayant déjà été réalisées?

J’en viens au comité stratégique et à la gouvernance. Lors des annonces du 31 mars, nous nous étions fait deux réflexions et je voulais vous interroger à ce sujet. La première concerne la composition du comité. Nous avons l’impression que les grands absents sont les représentants des travailleurs. Comptiez-vous élargir le cercle? Il est important d’avoir un équilibre. C’est bien d’avoir les représentants des employeurs, mais ce serait bien aussi d’avoir les représentants des travailleurs, pour bénéficier d’une discussion plus large sur les choix et les projets d’investissements. Lors de votre communication du 31 mars, et bien que vous en ayez un peu parlé dans votre introduction, les Régions semblaient aussi être les grandes absentes. Qu’en est-il? Vous avez décrit certains mécanismes et la mise en place d’un groupe de travail. Mais jusqu’à présent, comment la concertation avec les Régions s’est-elle passée? De leur côté, les Régions ont-elle déjà avancé sur des projets que vous pourriez, le cas échéant, détailler? Comment s’est passée la collaboration jusqu’à aujourd’hui? Qu’avez-vous prévu pour le futur? Pourriez-vous en dire plus sur la collaboration qui a été la vôtre jusqu’à ce jour? Je m’arrêterai ici pour ce premier tour de parole.

Charles Michel, premier ministre: Monsieur le président, je souhaite remercier les différents intervenants de la majorité et de l’opposition qui se sont exprimés. Je vais tenter de ne pas répéter ce que j’ai dit dans l’introduction car il me semble, monsieur Calvo, avoir déjà répondu, dans mon introduction, à un certain nombre de questions posées. Je vais me focaliser sur les différents points pour réagir aux éléments qui ont été portés par les différents parlementaires.

Tout d’abord, la question du budget et du financement, un paquet de questions en lien avec l’argent. Comment paie-t-on tout cela? Quelle est la part publique et la part privée? Sur ce sujet, plusieurs remarques pour préciser le propos que j’ai tenu dans l’introduction.

Du point de vue de la technique budgétaire, pour le volet participation publique au départ de l’autorité fédérale, je souhaite qu’il y ait de la transparence et de la clarté pour favoriser le rôle du parlement ainsi que cette relation avec le gouvernement. Monsieur Dispa, vous évoquiez l’exemple du Plan Marshall dans le cadre duquel on a labellisé certaines lignes budgétaires Plan Marshall. Je préfèrerais éviter ce schéma-là si c’est techniquement possible parce que ce schéma de labellisation ne donne pas une grande clarté, en réalité, dans le travail parlementaire sur la mise en œuvre, le monitoring du projet. Donc, je préfèrerais une section en tant que telle dans le budget de l’État. Il faut voir si, techniquement, c’est réalisable ou pas. Comme cela a été évoqué, et c’est une bonne idée, cela permettrait d’avoir un rapportage régulier spécifique sur le pacte d’investissement mais également dans le cadre des travaux budgétaires, de voir, pour chacun des projets dans les différents domaines, quelles sont les avancées, les concrétisations, les ambitions budget après budget.

Toujours sur la question financière et de budget, je confirme que le souci et le souhait consistent à mettre en place une gestion dynamique des participations de l’État. Le bel exemple est effectivement la décision qui a été prise dans le cadre de BNP Paribas, la vente de 25 % de nos participations. Pourquoi? Parce que cela a un effet automatique sur notre endettement: deux milliards d’euros en l’occurrence pour BNP Paribas. Cela nous place dans une position de négociation avec l’Union européenne et de trajectoire budgétaire. C’est un des paramètres que l’on peut utiliser pour légitimer le fait que nous mettons des moyens pour des investissements, tout en étant attentifs à regarder cette faiblesse que nous avons encore aujourd’hui, qui est notre taux d’endettement élevé par rapport au produit intérieur brut.

Ik bevestig dat ik samen met de regering bekijk of wij bijkomende maatregelen kunnen nemen, misschien in het kader van de thematische Ministerraden en de budgettaire arbitrage, in een logica van activering van het spaargeld. Een aantal leden heeft hier bepaalde pistes voorgesteld. Wij bekijken welke concrete maatregelen wij kunnen nemen voor een boost voor de privé-investeringen om coherent te zijn met de politieke wil om de investeringen in het algemeen te versterken.

Parmi les pistes à explorer, le levier fiscal peut évidemment être utilisé, de même que des produits financiers peuvent être envisagés. Je ne veux pas être plus précis à ce stade, parce que nous aurons l’occasion d’en débattre ici dans les semaines et les mois à venir, dès que le gouvernement aura choisi ses orientations. Cela pourrait indiquer qu’à côté du pacte stricto sensu, d’autres arbitrages sont souhaitables pour maintenir une cohérence avec la philosophie et l’élan que nous voulons donner au plan d’investissement. Voilà pour le volet budgétaire et la question du financement.

J’en viens au deuxième point, qui est en relation avec le premier.

De relaties met Europa. Ik voel – ik bevestig de analyse – een vorm van vrees. Het nationaal pact is ambitieus maar zal het mogelijk zijn op Europees niveau? Zijn er remmen op Europees niveau?

Ja, vandaag zijn die remmen er zonder twijfel op Europees niveau. We moeten echter de wil en de ambitie hebben om alles te doen en overtuigend te zijn om daarover een zekere marge te winnen op Europees niveau. Dat is ook conform onze budgettaire strategie, ons stabiliteitsprogramma waar we proberen om met steun van de deelstaten daarover een economische redenering op te bouwen en te versterken.

Wat is mijn redenering daarover, welke commentaren wil ik graag meegeven?

Ten eerste, het beweegt op het Europese niveau. Mijn analyse is dat de situatie vandaag inzake de perceptie van de Europese Commissie en van onze partnerlanden binnen Europa niet dezelfde is als twee of drie jaar geleden. Er is een positieve evolutie. Dat voelen wij in onze discussies met Europa in het kader van de budgettaire engagementen van België maar ook van de andere Europese landen. Dat betekent nog niet dat we op Europees niveau spontaan applaus zouden krijgen voor onze analyse en onze strategie maar een pleidooi is mogelijk en nodig.

Dat is a fortiori nodig omdat onze redenering volledig coherent is met de Europese strategie in het kader van de Juncker-visie. De Juncker-visie is ook een ambitie op Europees niveau om een boost te geven aan de Europese investeringen.

Wat is mijn strategie, mijn aanpak? Ik pleit voor een wetenschappelijke aanpak. Ik reken bijvoorbeeld op de taak van ons strategisch comité om onze argumentatie te versterken. Mijn aanvoelen, na de vele gesprekken die ik op Europees niveau heb gevoerd, is dat er openheid zou kunnen bestaan op voorwaarde dat België bijzonder actief is voor een rationele redenering, bijvoorbeeld over de terugverdieneffecten, om het bewijs te leveren dat als we kiezen voor bepaalde sectoren, voor bepaalde concrete projecten we ervan overtuigd zijn dat de kans bijzonder groot is dat dit effectief een productief effect zal hebben op de groei, de tewerkstelling en de jobcreatie.

In dit perspectief, dat was een commentaar van een van de kamerleden, proberen wij, met de redenering value for money en de ondersteuning van het Planbureau en de Nationale Bank, om zekerheid te krijgen project per project dat de financiële techniek reeds aangepast is en pertinent is.

C’est la réponse à votre question de tout à l’heure. Notre ambition vise, pour chacun des thèmes et chacun des projets, de développer un argumentaire aussi convaincant que possible, de sorte que la Commission européenne accepte notre proposition de trente ou soixante milliards. Nous devrons, projet par projet, démontrer que chacun d’eux a été judicieusement choisi et se révèle productif. De cette manière, la Commission pourra les prendre en considération dans le cadre du contrôle budgétaire qu’elle exerce.

J’espère, à travers cette réponse, être un peu plus précis quant à notre approche. Il s’agit de développer une méthode qui soit susceptible de renforcer notre argumentation et notre force de conviction et qui vise à dépasser le simple cadre de cette législature. Cela constitue un autre argument qui pourrait convaincre la Commission européenne. C’est le sentiment que je retire des très nombreux contacts que nous avons eus avec les différentes instances européennes.

Op Europees niveau is er nog een andere belangrijke opmerking.

Ik heb de voorbije weken een paar keer aangegeven dat er naar mijn aanvoelen op Europees niveau een momentum is voor een nieuw Europees elan. Dat kan een belangrijk luik zijn in het kader van het Europese elan.

Wat is de moeilijkheid voor een verdieping van de Europese Unie? De verdieping van de Europese Unie is belangrijk en fundamenteel. Ze moet dan ook zo snel mogelijk gebeuren. Wat is echter de moeilijkheid op Europees niveau?

Er is een contradictie tussen twee manieren van aanpak. Sommige lidstaten zijn van mening dat wij solidair moeten zijn, bijvoorbeeld met een “mutualisering” van de schulden van de verschillende Europese landen. Anderen zijn van oordeel dat zulks niet kan en dat wij vooral verantwoordelijk moeten zijn.

Wij moeten op Europees niveau een evenwicht tussen solidariteit en verantwoordelijkheid vinden. Ik stel vast dat sommige landen zoals België wel problemen hebben met hun schuldenniveau. Dat is echter niet overal in Europa het geval.

Dus met een meer globale aanpak is er misschien een mogelijkheid of een kans op een sterkere rol van de publieke overheden in een logica van investeringen. Dat is mijn pleidooi. Ik heb in de gesprekken die ik met andere Europese leiders heb gevoerd, zoals mevrouw Merkel, de heer Macron en Mark Rutte, een paar keer al gepleit voor een redenering waarbinnen belangrijke beslissingen zouden kunnen worden genomen in een logica van een verdieping van de Europese Unie, met een belangrijk luik inzake de keuze voor investeringen, maar met een inwerkingtreding op basis van de vooruitgang in de structurele hervormingen die door een aantal landen zijn geboekt.

Permettez-moi de révéler ce que chacun doit savoir. Si l’Allemagne a été tellement réticente, durant ces dernières années, à progresser vers l’approfondissement de l’Union économique et monétaire, c’était probablement parce qu’elle considérait que certains grands pays européens, que je ne citerai pas ici, ne mettaient pas en place des réformes suffisamment structurelles, ambitieuses pour le marché du travail, pour la compétitivité.

Si un engagement est pris par certains États européens significatifs, cela pourrait, selon moi, avoir un effet en termes de capacité à accélérer un processus de décision notamment dans le cadre de l’approfondissement de l’Union économique et monétaire, ce qui pourrait avoir un impact intéressant sur des investissements structurels au départ de la Belgique. Voilà pour le deuxième volet, à savoir le volet européen.

Een derde belangrijk punt, iets waarover bijna iedereen gesproken heeft, is de rol van de deelstaten en van de lokale autoriteiten, de gemeenten en de provincies. Sinds dag één is dat in mijn ogen een belangrijk punt.

Wat is de realiteit? Ik zal bijzonder open zijn. Op 16 september heb ik dat punt op de agenda van het Overlegcomité gezet. Ik heb vastgesteld dat de deelstaten er in principe positief tegenover stonden. Ik herhaal in principe. Men ging evenwel niet akkoord met de modaliteiten. Ik heb begrepen dat men gereserveerd bleef. Ik heb geprobeerd de vrees te begrijpen en ingezien dat de logica waarin de federale regering het leiderschap op zich zou nemen, inderdaad niet overeenstemde met de institutionele realiteit van ons land.

Dat was ook niet mijn bedoeling. Ik ben daar ook duidelijk over geweest. Mijn bedoeling was veeleer een boost te creëren, waarna iedereen zijn verantwoordelijkheid kan opnemen en wij zoveel mogelijk, pragmatisch, met gezond verstand kunnen samenwerken aan een aantal concrete punten.

Wat stel ik vast, na die open en soms informele gesprekken met de deelstaten? Ik stel een paar maanden later vast dat men minder gereserveerd is en dat men enthousiaster is om samen te werken.

Cela permet de montrer que le fédéralisme de coopération a bien fonctionné. En quelques mois, on a pu clarifier les positions. On a pu veiller à éviter les incompréhensions et les malentendus. Au dernier Comité de concertation du mois d’avril, c’est ainsi que nous avons, ensemble, décidé de mandater un groupe de travail précisément pour associer le plus concrètement possible les entités fédérées, en repérant les thèmes et les projets concrets dans le cadre desquels, dans leur souveraineté, dans leur autonomie de volonté, dans leur liberté d’appréciation, les entités fédérées peuvent dire que, sur ces thèmes-là, elles pensent qu’il convient de travailler ensemble dans le cadre du pacte pour les investissements.

Moi, je ne force personne. Je ne contrains personne. Je permets simplement de créer un cadre qui, je pense, va susciter l’émulation et va permettre, par la force de la réalité, de comprendre sur beaucoup de sujets en matière de mobilité, d’agenda digital, de santé, d’autorité de l’État, qu’il y a intérêt à travailler ensemble, de commun accord, chacun appréciant à chaque instant, s’il veut mobiliser des moyens financiers ou pas, s’il veut prendre une décision ou pas. Chacun conserve cette totale capacité de décision, d’appréciation par rapport à cela mais au moins, il y a un cadre structurel qui permet qu’il y ait cette table ronde qui soit opérationnelle et où chacun peut régulièrement se retrouver pour faire avancer de commun accord, avec bon sens, les différents sujets.

Voilà la clarification sur le rôle et la place des Régions, et donc des pouvoirs locaux aussi, puisque ce sont les Régions qui ont la tutelle sur les pouvoirs locaux et qui sont souvent le pouvoir subsidiant pour les grands projets portés par les pouvoirs locaux. Je mesure bien que, par exemple, spécialement les grandes villes ont une place très importante dans ce domaine-là et certainement au regard des thèmes qui ont été sélectionnés. J’y reviendrai dans quelques instants.

Dan kom ik aan de rol van het Parlement. Ik bevestig dat ik vragende partij ben en zeer open ben wat de modaliteiten betreft om een goede samenwerking met het Parlement uit te werken. Dat is belangrijk voor mij, ook in een Europese redenering. Dat betekent immers een versterking en biedt meer rechtszekerheid voor de implementatie van de strategie.

In mijn ogen gaat het niet over een strategie voor één legislatuur. Het is een strategie tot 2030. Het is dus belangrijk dat de consensus en de steun zo breed mogelijk zijn. Dat is mijn hoop en ambitie. Ik droom niet. Ik besef dat wij geen consensus zullen vinden op alle punten en projecten; daarvan ben ik mij bewust. In een democratie en parlement zijn er immers verschillen van mening. Ik hoop dat de globale aanpak en zoveel mogelijk de concrete projecten een brede steun krijgen, breder dan de logica meerderheid tegenover oppositie. Dat zou onze positie op Europees niveau versterken en dat zou de rechtszekerheid versterken. Dat zou ook een goed signaal zijn voor de privé-investeerders en tegelijk een betere strategie om meer investeringen in ons land aan te trekken.

Ik hoop dus inderdaad dat de modaliteiten van samenwerking tussen regering en Parlement efficiënt zullen zijn. Ik apprecieer het voorstel van een rapportage twee keer per jaar. Dat kan een interessant denkspoor zijn. Dat voorstel gekoppeld aan meer transparantie in de begroting kan ook meer mogelijkheden aan het Parlement geven voor een positieve impuls in het kader van onze concrete en sterke ambitie.

J’en arrive à la question de la gouvernance et de la composition du Comité stratégique. Les six membres du Comité stratégique ne sont pas là en tant que représentants d’une institution ou d’une entreprise. Ils sont là pour leur expérience personnelle dans la vie académique, institutionnelle ou économique. J’ai annoncé au Comité de concertation que j’étais totalement ouvert, dans le cadre d’une implication plus forte des Régions, à élargir le Comité stratégique et à adapter sa composition. Je souhaite effectivement que nous trouvions la formule pour pouvoir associer, le plus rapidement possible, les partenaires sociaux, les représentants syndicaux dans le cadre de ce processus. Cette remarque est pertinente. Nous devrons trouver cette capacité de mobiliser les acteurs de la société civile et les acteurs sociaux.

En ce qui concerne le montant et la liste des projets, je répète ce que j’ai déjà dit.

Ik wil graag misverstanden vermijden. De eerste lijst is een indicatieve lijst, geen exhaustieve lijst. Ik geef toe dat het in grote mate geen nieuwe projecten zijn. Het zijn bestaande projecten, die in mijn ogen versneld moeten worden. Ik kan veel concrete voorbeelden daarvan geven. Denk maar aan de NMBS. Er zijn veel ambitieuze projecten inzake mobiliteit waarover men al decennia spreekt, zonder concrete realisaties. Als het plan een kader kan bieden voor een versnelling van de implementatie en de uitwerking van die projecten, dan zou dat positief zijn. Dat is echter niet genoeg. Ik wil meer dan dat.

Monsieur Calvo, dans cette première liste de trente milliards, il est assez naturel qu’il y ait ce que vous appelez du recyclage. Mais ce n’est pas du recyclage, nous souhaitons simplement accélérer des projets existants en leur donnant un effet de booster grâce au pacte et à la capacité des différents acteurs à pousser les dossiers en question.

Ensuite, pour une part, il s’agit de nouveaux projets. Je vous donne quelques exemples. En matière énergétique, nous pensons que si on veut accélérer le processus de transition énergétique, on doit miser beaucoup plus sur le stockage d’énergie, qui est un des problèmes importants selon nous. Nous devons soutenir la recherche dans ce domaine.

Dans le cadre du Fonds de transition énergétique, nous avons considéré que cela pouvait être l’un des sujets pour lequel, effectivement, dans le cadre de l’appel à projets qui est lancé, on pourrait stimuler des projets dans ce domaine-là. C’est un exemple concret d’un nouveau projet. Actuellement, aucun projet concret n’existe par rapport à cela. Les moyens ont été mobilisés grâce au financement du Fonds de transition énergétique. Ces moyens existent. Faut-il les étoffer ou les adapter dans les prochaines années? Pourquoi pas? Mais là, nous comptons aussi sur le Comité stratégique précisément pour nous dire: “Nous pensons que ce n’est pas assez; il faut faire plus ou il faut faire plutôt dans tel type de domaine pour la transition énergétique”. Voilà un exemple concret.

Ik neem een ander, mooi voorbeeld, namelijk de windmolenparken. Men kan een juridisch kader en rechtszekerheid bieden, wat in die domeinen niet evident is.

In concreto, je prendrai un exemple qui, je l’espère, sonnera agréablement aux oreilles de nos amis écologistes. Quand tous les parcs seront devenus opérationnels, ils équivaudront, sur le plan de la production, à deux centrales nucléaires: 10 % de notre consommation d’électricité. Ce n’est pas mal de mobiliser des efforts à cet égard! Certes, nous devrons débattre du terrain, de sa conformité au droit européen, etc. C’est un volet technique assez complexe.

Nous avons l’ambition de dire qu’il y a un cadre dans lequel on peut stimuler l’investissement privé qui répond à un effet-retour, un effet de création d’emplois, et qui répond à notre préoccupation environnementale. Il faut s’inscrire dans cette démarche d’ouverture. Pour donner quelques exemples dans les nouveaux projets, l’agenda digital, les smart cities

Dat is ook een resultaat van de gesprekken die ik heb gevoerd met anderen uit de economische wereld, alsook met lokale autoriteiten, met personen met ervaring in het buitenland.

De ruimte is er. Het is een droom. Het is ambitieus om in de grote steden voor een meer globale aanpak te kiezen en te gaan voor de smart cities in de vorm van pilootprojecten in een aantal steden in België. De vraag is dan of men vragende partij is en of er bij de lokale politici de wil is om in het project van de smart cities te stappen?

C’est-à-dire utiliser la digitalisation pour améliorer le cadre de vie. C’est ça le raisonnement. Faire en sorte que les mobilités, les transports soient plus adaptés. Faire en sorte que, dans un certain nombre de domaines, la qualité des services rendus à la population et donc le cadre de vie soient améliorés grâce à l’investissement dans l’agenda digital.

Een ander uitstekend voorbeeld is de cyberveiligheid. Ook daar zijn er nieuwe projecten. We hebben een kleine twee jaar geleden het CCB opgericht, een nieuw en belangrijk instrument voor de toekomst. Het is een mooi voorbeeld waarbij samenwerking tussen de publieke overheid en de privé-investeerders cruciaal is. Daar reken ik ook op nieuwe projecten.

Et là je pense qu’il ne faudra pas se tromper dans les choix que l’on fait des projets prioritaires pour augmenter la cybersécurité; ceci est est cohérent avec cette ambition de favoriser l’agenda digital comme levier pour la croissance économique, pour les emplois.

En ce qui concerne les montants, il y a une première liste de trente milliards d’euros. Soit dit en passant, monsieur Calvo, la prison de Haren n’est pas dans cette première liste de trente milliards, contrairement à ce que vous avez sous-entendu.

(…): (…)

 Charles Michel, premier ministre: Je corrige l’information parce qu’elle n’y est pas reprise. Ce qui est exact par contre, c’est le masterplan III repris dans la dimension ‘autorité de l’État’. Mais nous aurons l’occasion d’examiner plus en détail la liste des projets, etc.

Je reviens aux montants. Après avoir beaucoup travaillé sur ce dossier ces dernières semaines, et rencontré beaucoup d’interlocuteurs, j’ai la conviction qu’entre aujourd’hui et 2030, nous devons avoir l’ambition de doubler ce montant. Nous avons une première liste de trente milliards de départ, qui est indicative. Nous avons l’ambition de mobiliser de l’argent public et privé pour pouvoir doper ce montant. Je crois que c’est possible car je ressens un grand enthousiasme des secteurs économiques de notre pays par rapport à cela. Dès lors qu’une telle stratégie d’investissement est développée, ça nous mobilise pour confirmer des investissements…

Ofwel worden de investeringen bevestigd waarin wij voorzien hadden en die nog niet voor honderd procent verzekerd waren, ofwel worden onze investeringen vergroot en versterkt in de toekomst. Onze aanpak en onze strategie bestaan erin alles te doen om een sterk pleidooi te voeren voor meer privé-investeringen in een coherente logica.

L’approche dans ce Pacte d’investissements est aussi de mettre en cohérence des projets, de les rendre cohérents les uns par rapport aux autres. Il y aura un retour plus efficient si des projets sont mis en cohérence les uns avec les autres.

Si chacun dans son coin, acteurs privés, acteurs publics – et ces derniers sont nombreux en Belgique –, on investit avec sa propre priorité et sa propre stratégie, il y aura nécessairement des déperditions de moyens. On les met en cohérence et on augment l’efficience et l’efficacité. C’est aussi l’ambition qui est poursuivie à travers la démarche.

Voilà, monsieur le président, chers collègues, quelques-uns des éléments que je voulais vous indiquer. J’ai peut-être manqué l’un ou l’autre aspect mais je pense avoir répondu aux principales questions et réflexions qui ont été posées.

En conclusion, d’un mot, c’est une forte ambition. Je suis très motivé pour mobiliser les différents gouvernements du pays. Il y aura beaucoup de travail, il n’y a pas de baguette magique. Il est certain que nous devrons beaucoup travailler dans les mois qui viennent. J’aime bien l’approche de M. Dispa qui dit qu’il faut essayer de sortir d’une logique de cour de récréation et d’aller dans une logique de bon sens où on essaye de travailler ensemble dans des projets qui dépassent les clivages idéologiques classiques. Il faut être mobilisé avec l’ambition de regarder régulièrement ce que nous nous sommes fixé comme objectifs et ce que nous avons réalisé. Je compte beaucoup sur le parlement pour pouvoir soutenir le plus largement possible cette démarche ambitieuse et extrêmement nécessaire.

De voorzitter: Mijnheer de eerste minister, het laatste woord voor de replieken is uiteraard aan het Parlement. Ik wil er toch op wijzen dat ondertussen een aantal collega’s het vervolg van de agenda wil aanvatten. Mag ik dan ook vragen om de replieken zo kort en gevat mogelijk te houden.

01.20 Gilles Vanden Burre (Ecolo-Groen): Monsieur le premier ministre, je vous remercie pour vos réponses.

Le groupe Ecolo-Groen reste tout à fait motivé face à un projet ambitieux d’investissements publics. Notre rôle est évidemment de pousser le débat au niveau du parlement, d’être constructif, de vous faire des suggestions; le cas échéant de vous réorienter, d’avoir un impact sur les décisions qui seront prises. C’est ce qui motive nos interventions et nos propositions.

Lors de votre introduction, vous avez mentionné un point sur lequel je souhaiterais revenir, à savoir la participation citoyenne. Je ne l’ai pas évoquée tout à l’heure, mais il n’en reste pas moins qu’elle nous est particulièrement chère.

Selon moi, des mesures pourraient être imaginées, qui seraient particulièrement positives pour l’ensemble de nos concitoyens. En effet, on sait à quel point ils demandent de plus en plus à participer à des décisions sur des projets publics. On pourrait donc imaginer qu’une partie du montant, à savoir quelques centaines ou dizaines de millions d’euros sur les 30 ou de 60 milliards, soient consacrés à une consultation de nos concitoyens afin de savoir quels types de projets ils souhaiteraient voir mettre en place. Comme cela a été fait dans certaines villes – Paris, par exemple -, on pourrait imaginer qu’une partie de l’enveloppe soit mise à disposition (via un outil internet ou autre), pour que les citoyens puissent débattre, proposer et voter des projets ou des secteurs dans lesquels investir. Ce serait un signal extrêmement positif pour, au-delà de l’ensemble des autorités publiques du pays et des différents niveaux de pouvoir (Europe, fédéral, communautaire, régional, les villes et communes), rassembler les 11 millions de Belges. La participation citoyenne est un point qui nous tient particulièrement à cœur.

Nous resterons attentifs et j’imagine que nous nous reverrons avant le 21 juillet pour votre présentation, au parlement, du rapport relatif à l’analyse coûts-opportunités que vous avez demandée.